Plop

De Rafael Pinedo, 2002.

Et plop! dans ta gueule ! Décidément, la SF argentine n’est pas tendre. Quelques mois après Berazachussetts, je m’attaque à un autre (court – 140 pages) roman d’anticipation argentin. Et ça fait mal par où ça passe. Là où Berazachussetts, par son côté grotesque, pouvait faire sourire, ce n’est pas le cas avec Plop. Pas du tout. Du tout du tout du tout.

Plop est le nom du protagoniste principal. Il s’appelle comme ça car quand sa mère a accouché en marchant derrière sa tribu, il est tombé directement dans une flaque de boue. Et ça a fait plop. Pas de chance pour lui, Plop est né dans un univers post-apocalyptique où les rares humains survivants vivent en bande et écument la plaine, invariablement grise et boueuse, à la recherche de quelque chose à manger. Il pleut tout le temps. Heureusement, car seule la pluie est potable, le sol étant rongé par des maux divers et variés.

Heureusement pour Plop, même si sa mère meurt rapidement et est mangée par la tribu, il est recueilli par la vieille. Elle ne fait pas de cadeau, mais se dit qu’on pourrait faire quelque chose de lui et décide de ne pas le « recycler » tout de suite. Du coup Plop grandit. Il se fait quelques amis chez les autres enfants. Puis, il apprend à mentir, à tuer, à abuser des autres. Car Plop est rongé par l’ambition. L’ambition d’être autre chose, d’être quelqu’un d’autre, d’être le chef. Il veut plus. Il veut différemment.

Et rien ne nous sera épargné : cannibalisme, torture, viols, esclavagisme, etc. Le roman est crû, brut, violent et malsain. C’est même d’ailleurs l’un des textes les plus malsains qu’il m’ait été donné de lire. Je n’ai plus eu ce sentiment de dégoût en lisant un bouquin depuis sans doute Rêve de Fer, de l’inénarrable Spinrad (pour d’autres raisons que la violence crue, mais c’est également, dans son genre, un livre très dérangeant).

Pinedo a peu écrit. Mort trop vite, il n’a laissé que trois romans : Plop, Frio (pas encore traduit) et Subte (posthume, pas encore publié). Il semble qu’il ait écrit davantage, dans sa jeunesse, mais il aurait tout brûlé par insatisfaction. S’ils étaient du même tonneau que Plop, je peux imaginer, comme auteur, que l’on se pose des questions, en effet. Quel héritage laisse-t-il ? Un Mad Max sous acide, sans espoir, et nettement moins tout public ?

Mais Plop est aussi un roman de survie. Au-delà du torture porn à la Hostel!, Plop nous raconte la montée en puissance d’un enfant qui ne se laisse pas faire et qui est prêt à tout, y compris le pire, pour dépasser les autres. Pour survivre et régner. Bien sûr, et c’est le propre des conquérants mégalomaniaques, sa propre ambition le perdra. De sa quête initiatique jusqu’à sa quête du pouvoir absolu, Plop sera toujours insatisfait. Il sera toujours déçu par les autres et décevra toujours les autres.

Plop est une expérience ; un formidable et horrible roman à ne certainement pas mettre entre toutes les mains. C’est immonde et fascinant d’assister à la montée en puissance d’un psychopathe, d’un dictateur fou. La perfection de l’horreur. La fascination du laid. Un grand moment de lecture, bien que je sois incapable de dire si c’est un bon livre ou non. Ou même si je devrais le recommander.

La Forêt de cristal

De J.G. Ballard, 1966.

J.G. Ballard est l’un des grands noms du renouveau de la SF britannique des années 60, aux côtés de Brian Aldiss ou Christopher Priest. Je ne le connaissais jusqu’à présent que par les adaptations cinématographiques de ses œuvres : le Crash de Cronenberg, histoire de SF urbaine portant sur le sado-masochisme dans la relation de l’homme avec la mécanique et L’empire du soleil, l’un de mes Spielberg préféré, basé sur un récit partiellement autobiographique de l’auteur lorsqu’il fut contraint de fuir Shanghai suite à l’invasion du Japon lors de la seconde guerre mondiale. Ballard, joué par un très jeune Christian Bale dans l’adaptation ciné, passera plusieurs années années dans un camp de prisonniers avant de quitter la colonie et de revenir au Royaume-Uni où il sera confronté à une toute autre vie.

La Forêt de cristal, récit apocalyptique, doit sans doute beaucoup à l’expérience de vie de Ballard sous un régime colonial. Rédigé à la fin des années 60, qui vu indépendance d’une vingtaine de pays africains anciennement colonies des grandes nations d’Europe de l’Ouest, La Forêt de Cristal se déroule dans un Cameroun équatorial, en proie aux épidémies de lèpre et à la fin d’un régime. J’ai cherché comment résumer le bouquin avec un parallèle facilement compréhensible : je pense que le présenter comme un Apocalypse Now (lui-même adapté très librement de Heart of Darkness, un récit de Joseph Conrad se déroulant dans le Congo du début de la colonisation) sous acide. C’est sombre, désespéré et très bizarre.

En deux mots, nous y suivons l’histoire de Dr Edward Sanders, le patron d’une léproserie, qui se rend dans la ville de Mont-Royal pour y retrouver la trace d’un ancien collègue et de sa femme, qui fut un temps sa maîtresse. La ville, aux frontières de la jungle équatoriale, est aux premières loges pour assister à la naissance d’un phénomène étrange. Il semble que la jungle, la forêt profonde, se cristallise pour une raison inconnue. Dans les marchés de Mont-Royal apparaissent d’étranges objets en cristal, des sculptures de fleurs, de branches d’arbres, d’animaux. Le Dr Sanders n’a d’autres choix que de remonter clandestinement le fleuve qui le conduira à l’hôpital de brousse de son ancien collègue, alors que l’armée prends progressivement le contrôle sur les environs.

Et le récit de s’enfoncer dans un délire hallucinogène où le Dr Sanders croisera divers personnages hauts en couleurs qui auront tous une motivation particulière pour se rendre, littéralement, au cœur de la forêt de cristal. Le récit, qui ne souffre d’aucune explication, nous plonge donc dans une ambiance apocalyptique, renforcée par la moiteur insupportable des tropiques et la langueur d’un pays qui n’en peut plus de sortir de sa torpeur coloniale. Je ne sais s’il faut y lire une allégorie de la fin des dominions anglais sur le continent africain (sans doute?), mais si c’est le cas, Ballard est loin d’être optimiste sur l’avenir. Tant celui de la civilisation en général que du devenir des anciens colons en particulier.

Il réussit, en plus, à maîtriser son sujet à la perfection : il parvient à nous faire ressentir une forme d’attraction perverse, sensuelle, pour cet environnement mutique, cristallin, à la fois magnifique et horrible. La Forêt de cristal est un grand texte, écrit dans un style brillant et intransigeant. L’ambiance, poisseuse, m’a fait pensé au passage de Voyage au bout de la nuit où Bardamu est colon au fin fond de l’Afrique noir. Si le style n’a bien sûr rien à voir (Ballard est nettement plus classique que Céline), le désespoir général, la vacuité de toutes tentatives ou efforts y sont similaires.

La Forêt de cristal se prête mal aux résumés ou aux commentaires. L’œuvre est une véritable expérience sensorielle, une plongée dans l’inconnu, dans la tentation du vide. Un superbe roman d’aventure, malgré tout, que les quelques paragraphes de ce billet n’esquissent qu’assez mal. Une œuvre qui mériterait des commentaires sans doute plus longs que son propre texte, tant la matière y est riche et l’impact important. Un chef-d’œuvre, en somme.

Pontesprit

De Joe Haldeman, 1976.

Fidèle à ma parole, je n’ai pas mis longtemps à mettre la main sur un autre ouvrage de Joe Haldeman, quelques temps après avoir terminé En mémoire de mes pêchés. Soyons honnête ; je n’ai pas été le chercher bien loin, puisqu’il s’agissait d’un des innombrables titres dans ma PAL. Retour, donc, sur la plume très marquée années 70 d’Haldeman.

Oublions le caractère épisodique d’En mémoire de mes pêchés ; Pontesprit est un réel roman de SF qui mélange pour le meilleur et pour le pire des thématiques aussi vastes et complexes que les voyages interplanétaires, la transmission de pensées, le premier contact avec une intelligence extraterrestre et des réflexions sur l’armée, la sexualité (et la construction familiale) et la rédemption. Et, pour être honnête, cela fait un peu beaucoup pour un court roman de 250 pages.

Du coup, on a peu l’impression d’être devant un patchwork foutraque qui se cherche la plupart du temps un fil conducteur cohérent. Rédigé comme les mémoires enregistrées de Jacque, sans le « s » final, un explorateur interstellaire pour le compte de la planète Terre, le livre s’ouvre sur une description du métier de Jacque, une nouvelle forme de colon dont le rôle est de s’assurer la viabilité à terme de planètes et amas stellaires lointains grâce à une nouvelle technologie qui permet à un petit groupe de personne de se déplacer instantanément à de grandes distances sidérales (avec, cependant, un effet de retour qui les renvoie vers leur lieu de départ quelques minutes/heures/jours ou semaines après leur arrivée en ces nouveaux lieux, avec ce que cela peut provoquer comme dangers et accidents). Sur un satellite lambda, ils découvrent une sorte de méduse qui permet aux êtres vivants qui la tiennent de lire dans les pensées l’un de l’autre. Avec l’effet malencontreux que le premier être vivant qui touche la méduse meurt dans un temps proportionnel à ses ces capacités psychokinétiques (ou quelque chose comme ça). Et comme seconde limitation que la qualité de l’effet, de la transmission, diminue progressivement chaque fois qu’un être vivant touche la bestiole, jusqu’à n’être plus qu’une retransmission inintelligible.

Heureusement, Jacque touche le « pontesprit« , qui donne son nom au bouquin, en second. Après ce premier temps fort, Haldeman dilue son récit dans diverses pistes explorées parallèlement l’un à l’autre. Il abandonne au passage le côté « confession » des mémoires de Jacque et alterne les chapitres avec le point de vue d’autres acteurs (des scientifiques, la copine de Jacque), voir avec des rapports administratifs, statistiques ou militaires relatifs aux pontesprits et leur impact. Puis vient, passé la moitié du bouquin, le contact avec une civilisation extraterrestre apparemment belliqueuse qui d’une part massacrent les colons avec lesquels ils ont établis un contact et, d’autre part, semblent se rapprocher dangereusement des dominions humains dans la galaxie. Je vous laisse le plaisir de découvrir la suite de l’histoire si le bouquin vous tente, mais vous aurez déjà compris que Jacque et le pontesprit jouerons un rôle important dans l’établissement d’un dialogue, indépendamment de la qualité ou du contenu de celui-ci.

La quatrième de couverture dithyrambique exagère certainement la qualité et l’importance de ce roman qui est, il faut bien se l’avouer, assez anecdotique de par sa construction bancale. S’il est bourré de bonnes idées, il fait partie de ses œuvres frustrantes qui n’exploitent pas les pistes et réflexions qu’elles amènent. Le côté violent et colérique de Jacque, fort détaillé au début du roman, est réutilisé de manière tout à fait artificielle pour justifier la « connexion » avec l’entité extraterrestre. Et si, comme le dit la quatrième de couverture, les extraterrestres en question font en effet penser aux insectes de la version ciné de Starship Troopers (Etoiles, garde à vous! est le roman de Robert Heinlein qui lui servit de matériau de base), leurs motivations restent très floues. La fin du bouquin, en particulier, affiche une rupture de ton et de propos qu’on a du mal à saisir, tant il semble contradictoire avec le contenu.

Bon. En somme, le bouquin est intéressant à lire car, comme le disais, il regorge de bonnes idées et de pistes de réflexion intéressantes qui pourraient être le terreau de nouvelles ou de romans de SF à elles-seules. Mais, imbriquées l’une dans l’autre de façon parfois un peu artificielles, ces bonnes idées se noient dans un roman mal construit qui laisse un méchant goût d’inachevé dans la bouche. Assez anecdotique, donc, les amis.

Mondocane

De Jacques Barbéri, 2016.

La période des fêtes de fin d’année est tout à fait propice pour une bonne tranche de post-apocalyptique ! Passé les premières pages un poil ésotérique, on entre dans le cœur du roman avec l’histoire de Jack, un informaticien récemment enrôlé dans l’armée en perspective d’un conflit mondial entre les deux grands blocs qui se disputent la Terre (sans doute, ce n’est pas précisé). Le bonhomme n’est pas réellement à l’aise dans la troupe, qui fait furieusement pensée à la bande de jeunes de Starship troopers. Lorsqu’une nouvelle recrue arrive, Jack tombe instantanément amoureux.

Il profite d’une dernière permission pour sortir avec la fille en question dans son quartier d’enfance. Mais, dès le lendemain, la guerre l’appelle : Jack est une ressource essentielle ; il est l’un des maîtres à penser de l’I.A. Guerres et Paix, l’I.A. qui détermine les réponses armées et les tactiques militaires à adopter pour son côté du conflit en devenir. Seulement voilà : l’autre côté aussi à développer une I.A. omnisciente. Et, comme souvent dans la S-F, les I.A. s’entendent pour se liguer contre leur ennemi commun, l’Homme.

Et c’est là qu’on entre réellement dans la partie magistrale de Mondocane : les I.A. provoquent une catastrophe mondiale qui déforme la réalité et altère l’humanité. Jack, par une succession de hasards, s’en sort comme seul survivant de son unité et se réveille après sept ans, d’une hibernation/congélation d’urgence, dans le monde de demain. Monde de demain qui n’est pas spécialement beau à voir, ni sympathique à vivre. Les rares survivant de la catastrophe survivent bon gré mal gré en petites communautés qui se méfient l’une de l’autre. Jack est récupéré à son réveil par deux frères (l’un a un corps à moitié métallique, l’autre n’a plus que la moitié de son visage), la femme de l’aîné (une énorme femme qui compense son malheur avec des barres céréalières), leur fille (née après la catastrophe, elle est l’une des post-humaines, on l’imagine simiesque à souhait) et leur père (le masque à gaz du vieil homme à fusionné avec sa bouche lors de la catastrophe et il se nourrit via un ténia géant qui le parasite -à moins qu’il ne soit devenu le ténia et que son corps ne soit plus qu’une enveloppe ?-).

Et ce ne sont que les premiers survivants que Jack croisera. Et encore, je passe sur la sœur de la famille, corps assimilé à une pyramide humaine de plusieurs centaines de corps fusionnés qui partagent, semble-t-il une seule conscience. Bref, du Mad Max sous acide. Et Jack, dans cette réalité désolante, de se mettre en quête de l’unique amour de sa vie, la fille avec laquelle il a passé sa dernière nuit avant l’attaque des I.A.

Mondocane ne laisse pas son lecteur respirer et l’entraîne dans une sorte de montagne russe de apocalyptique qui se situe quelque part entre Ken le Survivant et l‘Île du Docteur Moreau. Jacques Barbéri, que je ne connaissais absolument pas malgré les nombreux romans qu’il a publié depuis les années 70 chez Fleuve Noir/Anticipation et chez Denoël/Présence du futur, sert admirablement le propos avec une style évocateur et imagé. Plus d’une fois, on pense être devant l’un de ces tableaux de la Renaissance représentant l’enfer : une mélange de répulsion et d’attirance envers cet inconnu glauque et bizarre.

Et c’est effectivement ce que je retiens du bouquin : un vrai trip dans le pays de l’étrange. La S-F sert pour finir d’excuse, de cadre, à la vision que Barbéri a sans doute eu d’une monde où les règles de la physique sont bouleversée par des entités aux motifs inexpliqués. Et s’il y a une tentative d’explication technologique, elle s’oublie bien vite face aux images fortes de ce monde nouveau, laid et beau tout à la fois. Une vraie découverte, qui se lit vite et aisément. Encore un auteur dont j’essaierai sans doute d’autres œuvres à l’avenir, si j’ai le loisir de tomber dessus (histoire d’encore alourdir mal PAL).

En mémoire de mes péchés

De Joe Haldeman, 1977

Rarement quatrième de couverture aura été si trompeuse ! Folio SF, en rééditant ce titre relativement méconnu en 2006, s’est contenté de reprendre celle de l’édition de Denoël – Présence du Futur de 1979. Ils auraient pu se fendre d’un nouveau texte de présentation, car celui-ci ne convient pas du tout. Croyant me lancer dans un roman comique, à la manière du Guide du Voyageur Galactique ou de recueils de nouvelles de Frederic Brown, je me suis retrouvé à lire un texte très sombre, à la limite du hard-boiled dans certains de ces développements.

Bon, ce n’est pas tout à fait un roman : il s’agit plutôt de trois nouvelles assez longues qui ont comme point commun de partager leur « héros« , Otto McGavin, un agent secret de la Confederaçion, sorte de gouvernement intergalactique chargé de défendre l’intérêt des divers habitants de la galaxie (citoyens ou indigènes plus ou moins intelligents). McGavin est un bouddhiste qui veut voir l’espace. Pas de bol, en s’engageant, il reçoit un conditionnement hypnotique pour en faire une machine à tuer. La Confederaçion dispose aussi d’une technologie particulière : le placage d’identité. Grâce à ce traitement hypnotique (et à peu de chirurgie esthétique, parfois franchement invasive), elle fait de ses espions des doubles de personnages publics vivants, politiciens, leaders religieux, hommes d’affaires, criminels, etc. Et la Confederaçion de les envoyer au front pour récolter des infos et jouer les gros bras si nécessaire.

Les trois nouvelles se déroulent à peu près le même schéma : McGavin arrive sur une planète exotique dans la peau d’un autre (un salopard de première) et tente de démêler le vrai du faux. Et malgré ses convictions initiales pacifiques, il fini toujours pas buter des gens, et pas forcément les antagonistes. Si l’on peut regretter que la mécanique du récit se répète (en gros, McGavin arrive, il pose des question à tout le monde jusqu’à ce qu’il confronte, ou soit piégé, par le traitre) et qu’Haldeman est parfois un peu paresseux dans le développement de ses personnages, l’ensemble est plutôt bon.

Les nouvelles sont articulées entre elles par de courts textes où McGavin est interrogé par les préparateurs mentaux de la Confederaçion. Ces interviews montrent la lente plongée dans la dépression et la folie du personnage principal. Forcé de progressivement effacer sa propre personnalité au profit des diverses personnalités peu reluisantes qu’il endosse, le pauvre McGavin se perd finalement totalement quand il comprends que la Confederaçion est nettement moins altruiste qu’elle n’y parait. C’est en effet ses propres intérêts qu’elle défend avant ceux des espèces locales.

Alternant plusieurs mondes imaginaires bien construits, peuplés d’extra-terrestres ou de peuplades locales originales et bien pensées, les trois nouvelles qui constituent le récit principal d’En mémoire de mes péchés se lisent d’une traite. On ne peut que compatir avec McGavin et ses remords, la seule chose qui lui reste, sa seule part d’identité d’origine. On rigole pas des masses, donc, contrairement à ce que l’éditeur promet. Pour faire une parallèle cinématographique, on est plus dans l’Armée des Douze Singes que dans du StarWars, en gros.

A ma grande honte, je ne connaissais absolument pas Joe Haldeman avant de lire ce bouquin. Le bonhomme est pourtant multi-primé (5 Hugo, 5 Nebula ,4 Locus) et a écrit un bon paquet de bouquin de SF. Je me mets de ce pas à la recherche d’autres titres du bonhomme. Même si c’est de la SF qui accuse un poil son âge, elle reste, de fait, très agréable à lire, même si franchement morose.